Le branchement d’un bouton poussoir Legrand sur un tableau électrique existant ne se limite pas à raccorder deux fils sur une borne. Depuis la révision 2024 de la NF C 15-100, applicable obligatoirement depuis septembre 2025, les circuits d’éclairage commandés par télérupteur obéissent à des contraintes plus strictes qui influencent directement la façon d’intervenir sur un tableau déjà en service.
Télérupteur et bouton poussoir Legrand : compatibilité des bornes sur tableau existant
Avant de toucher au câblage, la première vérification concerne le télérupteur déjà installé dans le tableau. Un bouton poussoir Legrand se raccorde sur la bobine du télérupteur (bornes A1 et A2 sur la plupart des modèles modulaires Legrand). Le poussoir envoie une impulsion brève qui change l’état du contact de puissance, allumant ou éteignant le circuit d’éclairage.
Le piège fréquent en rénovation : le neutre de la bobine du télérupteur est repris sur un neutre « quelconque » du tableau, sans respecter le même départ que la phase. Cette erreur provoque des déclenchements intempestifs du différentiel, parce que le courant de la bobine emprunte un chemin différent de celui de la phase associée. Le neutre de la bobine doit toujours provenir du même disjoncteur que la phase.
| Élément | Borne concernée | Section de fil | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Phase (depuis disjoncteur 10 A ou 16 A) | Borne 1 du poussoir | 1,5 mm² | Protéger par disjoncteur dédié au circuit éclairage |
| Retour poussoir (fil navette) | Borne A1 du télérupteur | 1,5 mm² | Tous les poussoirs du même circuit se câblent en parallèle sur A1 |
| Neutre bobine | Borne A2 du télérupteur | 1,5 mm² | Même départ neutre que la phase du circuit |
| Phase lampe (sortie puissance) | Borne 2 du télérupteur | 1,5 mm² | Vers le(s) point(s) lumineux |
| Neutre lampe | Bornier neutre du tableau | 1,5 mm² | Même rangée que le disjoncteur du circuit |

Câblage du bouton poussoir Legrand en parallèle : fil de phase et retour bobine
L’ajout d’un deuxième ou troisième bouton poussoir sur un circuit existant se fait en parallèle. Chaque poussoir reçoit la phase sur une borne et renvoie l’impulsion vers la borne A1 du télérupteur sur l’autre borne. Quand un poussoir est enfoncé, il ferme brièvement le circuit de la bobine, quel que soit le nombre de poussoirs raccordés.
En pratique, depuis le tableau, un seul fil de phase part vers le premier poussoir, puis des ponts (navettes) relient les bornes de phase de chaque poussoir suivant. Le fil de retour bobine suit le même principe : un seul fil revient à la borne A1, avec des ponts entre chaque poussoir.
Erreur de câblage à repérer dans un tableau ancien
Sur les tableaux posés avant les années 2000, il arrive que le retour du poussoir soit branché sur un bornier libre du tableau au lieu d’aller directement à la borne A1. Ce détour crée une longueur de fil inutile et augmente le risque de connexion desserrée. Lors de l’ajout d’un poussoir Legrand, vérifier le parcours complet du fil de retour depuis le tableau jusqu’à la bobine évite des heures de diagnostic.
Norme NF C 15-100 révisée : ce qui change pour un ajout de poussoir sur circuit existant
La révision 2024 de la NF C 15-100 impose des règles qui affectent directement l’intervention sur un tableau en service.
- Maximum 8 points lumineux par circuit d’éclairage : ajouter un poussoir pour commander un nouveau luminaire peut faire dépasser ce seuil, obligeant à créer un circuit séparé avec son propre disjoncteur et son propre télérupteur.
- Le logement doit comporter au minimum 2 circuits d’éclairage distincts : si le tableau n’en possède qu’un seul, l’ajout d’un point de commande est l’occasion de mettre en conformité.
- Les commandes (boutons poussoirs, interrupteurs) doivent être posées entre 0,90 m et 1,30 m du sol fini, dans une logique d’accessibilité universelle. En rénovation, cela signifie parfois remonter ou descendre d’anciens boîtiers d’encastrement.
- Le conducteur de protection (terre) doit être présent dans la gaine jusqu’au point de commande, même si le poussoir lui-même ne comporte pas de borne de terre. Cette exigence concerne le câble, pas l’appareillage.

Sécurité au tableau : consignation et vérification avant branchement
Couper le disjoncteur divisionnaire du circuit d’éclairage ne suffit pas. La méthode fiable commence par l’ouverture du disjoncteur d’abonné (disjoncteur général), suivie d’une vérification d’absence de tension avec un VAT (vérificateur d’absence de tension) sur les bornes de sortie. Consigner le disjoncteur avec un cadenas empêche toute remise sous tension accidentelle pendant l’intervention.
Une fois le poussoir câblé et les connexions serrées, la remise sous tension se fait en deux temps : d’abord le disjoncteur général, puis le disjoncteur du circuit concerné. Tester chaque poussoir individuellement permet de confirmer que l’impulsion arrive bien à la bobine du télérupteur et que le contact de puissance commute correctement.
Liste du matériel pour le branchement
- Bouton poussoir Legrand (gamme Céliane, Mosaic ou Niloe selon le type de pose)
- Fils électriques en section 1,5 mm², conformes à la couleur normalisée (rouge ou marron pour la phase, bleu pour le neutre, orange pour le retour bobine)
- Pince à dénuder, pince coupante et tournevis plat isolé
- VAT (vérificateur d’absence de tension) pour la consignation
- Éventuellement un peigne de raccordement si le tableau utilise des borniers à connexion automatique
L’ajout d’un bouton poussoir Legrand sur un tableau existant reste une opération accessible à condition de respecter le cheminement du neutre de la bobine et de vérifier le nombre de points lumineux déjà raccordés sur le circuit. Dépasser 8 points lumineux impose un second circuit, avec un disjoncteur et un télérupteur supplémentaires. Sur un tableau ancien, c’est souvent cette limite qui transforme un branchement simple en mise en conformité partielle.

